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AGISSONS !!!!


Publication du rapport du Groupe de Travail I du GIEC

o Les conclusions du rapport, qui réaffirme l’influence des activités humaines sur le réchauffement climatique et sur les événements climatiques extrêmes, réitèrent l’importance de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C et l’urgence d’agir immédiatement.

La réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre est urgente et doit être réalisée dans les prochaines années (elles doivent être réduites de moitié d’ici 2030 et nous devons atteindre zéro émission en 2050) si l’on veut limiter les effets du réchauffement climatique.

o Une action immédiate, c'est-à-dire dans la prochaine décennie, est le meilleur moyen de limiter les impacts du changement climatique. L’objectif de 1,5°C est toujours réalisable à condition que les émissions de gaz à effet de serre soient réduites dès maintenant. Les puits de carbone océaniques et terrestres seront moins efficaces à ralentir l’accumulation du CO2 dans l’atmosphère si les émissions de CO2 se poursuivent.

o Si certains changements vont s’intensifier dans les prochaines années et sont déjà irréversibles (comme l’acidification de l’océan, la fonte des calottes polaires ou l’élévation du niveau de la mer), limiter le réchauffement à 1,5°C est capital pour éviter que la situation ne s’aggrave.

o Le rapport servira de base scientifique aux discussions de l’Assemblée Générale des Nations-Unies en septembre et aux négociations de la COP26 en novembre à Glasgow.

Ces deux moments internationaux doivent être une opportunité pour les décideurs politiques de passer à l’action et de réitérer leur engagement de limiter le réchauffement de la planète à 1,5°C, en adoptant des objectifs climatiques de réduction d’émissions ambitieux qui comblent l’écart actuel entre les objectifs et la trajectoire de 1,5°C.

o L’augmentation de la fréquence et de l’intensité des événements climatiques extrêmes rappelle la nécessité d’augmenter le financement pour l’adaptation au changement climatique et l’importance d’un financement additionnel pour les pertes et dommages causées par les catastrophes climatiques. Les impacts du réchauffement climatique risquent fortement d’augmenter dans le futur et les besoins en financement pour y faire face seront au moins de 300 milliards de dollars par an d’ici à 2030 selon l’ONU. Il est primordial de se mobiliser pour y faire face, en augmentant la résilience des populations dès maintenant.

o Pour agir concrètement et rapidement sur le réchauffement climatique :

o Les États les plus émetteurs doivent impérativement rehausser leurs objectifs de réduction d’émission d’ici à la COP 26 à Glasgow, pour qu’ils soient alignés avec une trajectoire limitant le réchauffement de la planète à 1,5°C. Le rapport du Groupe de Travail I du GIEC doit servir de base scientifique pour pousser les États à prendre des mesures radicales visant à la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

o Les pays développés doivent impérativement augmenter leurs financements climat à destination des pays les plus vulnérables, afin de les aider à faire leur transition pour réduire leurs émissions. Il s’agit d’une question de justice climatique : les pays les plus riches sont historiquement responsables des émissions de gaz à effet de serre et ont plus de capacité d’action. Ils doivent augmenter leurs engagements financiers pour atteindre les 100 milliards de dollars par an promis en 2009.

o Le financement des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz) doit prendre fin immédiatement – pas dans 5, 10, 20 ou 30 ans. L’exploitation et l’extraction des énergies fossiles sont majoritairement responsables des émissions de gaz à effet de serre, d’où l’importance d’y mettre fin le plus rapidement possible. L’Agence Internationale de l’Énergie a publié une feuille de route en mai pour atteindre le zéro émission nette en 2050, préconisant la fin immédiate de nouveaux projets d’exploitation d’énergies fossiles.

o La préservation de la biodiversité et des écosystèmes et la restauration de la nature est urgente et prioritaire pour lutter contre le changement climatique. La perte de la biodiversité et la destruction des écosystèmes aggravent le réchauffement climatique et la restauration de la nature fait partie des solutions indispensables à mettre en place pour limiter le réchauffement climatique. o Le rapport met en lumière le rôle des activités humaines dans le réchauffement climatique. Or, “activités humaines” ne signifie pas les activités de tous les humains. C’est bien les activités humaines des pays riches et développés qui sont responsables du changement climatique. Les pays riches et développés ont donc une responsabilité historique et doivent agir plus que les autres pays pour lutter contre le changement climatique. Il s’agit de justice climatique.


Qu’est-ce que dit le rapport ?

Le rapport confirme l’influence indiscutable de l’Homme sur le climat – les activités humaines sont responsables de tous les phénomènes de réchauffement observés depuis l’ère préindustrielle. Le débat portant sur les causes du réchauffement climatique prend donc fin : l’Homme est responsable du changement climatique.

Le lien entre le changement climatique (les activités humaines) et l’intensité et la fréquence des événements extrêmes (vagues de chaleur, sécheresses, cyclones tropicaux, inondations) est clairement avéré. Exemple : vague de chaleur de 2020 en Sibérie, canicule de 2016 en Asie, vague de chaleur en 2018 en Europe.

Le réchauffement global de 1,5°C pourrait arriver plus tôt que prévu. Le précédent rapport du GIEC estimait que nous atteindrions cette hausse de température entre 2030 et 2052. Les études plus récentes montrent que si nous continuons à émettre les mêmes quantités de CO2 chaque année qu'en 2019, le budget carbone (la quantité de CO2 que nous pouvons encore émettre) pour atteindre 1,5°C de réchauffement sera atteint dans les années 2030. L’Arctique est la région du monde qui se réchauffe le plus rapidement (réchauffement trois fois supérieur à la moyenne mondiale).

Les changements climatiques brusques, appelés « points de basculement » (tipping points), ont plus de chance de se produire si nous dépassons les 1,5°C. Les points de basculement sont des événements climatiques irréversibles, comme la déstabilisation des calottes polaires, qui pourrait faire monter le niveau de la mer de plusieurs dizaines de centimètres (possibilité qu’il s’approche de 2 mètres d’ici à 2100 et 5 mètres d’ici à 2150), ou le dépérissement de la forêt amazonienne.

Les niveaux croissants de méthane, à leur niveau record depuis 800 000 ans, sont une source d’inquiétude majeure. Le méthane est responsable de près d’un quart du réchauffement climatique, en deuxième place derrière le Co2. L’activité humaine est responsable de 50 à 65% des émissions totales de méthane entre 2008 et 2017, notamment via l’agriculture et les déchets.

Les scientifiques confirment que le meilleur moyen d’atténuer ou d’éviter les effets les plus dévastateurs du changement climatique est la réduction rapide et importante des émissions de gaz à effet de serre, avec pour but d’atteindre la neutralité carbone (c’est-à-dire l’équilibre entre les émissions de carbone et leur retrait de l'atmosphère) le plus rapidement possible. La neutralité carbone mettra fin au réchauffement climatique mais cela ne se traduira pas automatiquement par une baisse des températures (le Co2 étant cumulatif).

● Les scientifiques continuent à réclamer des objectifs « zéro émissions nettes » qui soient réellement transparents, demandant aux principaux acteurs de clarifier la portée et l’équité de l’approche adoptée. Les objectifs « zéro émissions nettes » ne sont pas une fin en soi : il vaut mieux les comprendre en termes d’étape sur la voie qui mènera à des émissions négatives.

● Les scientifiques rappellent que les technologies d’élimination du dioxyde de carbone (CDR, Carbon Dioxyde Removal), et de géo-ingéniérie (technique qui vise à modifier la composition de l’atmosphère) comme la BECSC (la capture du CO2 dans l’air) s’accompagnent d’effets secondaires et d’inconvénients (technologie énergivore ou qui nécessite beaucoup de superficies). Il est nécessaire de protéger immédiatement la biodiversité et de restaurer la nature.

● Aucun scénario du GIEC ne garantit le 1,5°C. Même les trajectoires les plus ambitieuses n’ont que 66 % de chances de maintenir la hausse des températures mondiales à moins de 1,5°C. Les scientifiques étudient les « scénarios du dépassement » : même un dépassement temporaire des objectifs de température intensifiera le changement climatique comparé aux scénarios sans dépassement (intensifiant donc des phénomènes tels que la montée du niveau de la mer ou l’acidification des océans).

Quelques chiffres

La température à la surface du globe s’est élevée de 1,1°C durant la dernière décennie comparée à la période 1850-1900 ● Chacune des quatre dernières décennies a été successivement plus chaude que les décennies qui les ont précédé depuis 1850 ● Sur la période 2081-2100 (comparé à l’ère industrielle), les scientifiques prévoient en moyenne (donc pas de prise en compte des disparités régionales): +1,4°C pour un scénario très peu émetteur +1,8°C pour un scénario peu émetteur +2,4°C pour un scénario intermédiaire +3,6°C pour un scénario émetteur

+4,4°C pour un scénario très émetteur La fonte des glaciers est inédite depuis 2.000 ans

=> Accélération du taux moyen d’élévation du niveau d(+ 0,20 m entre 1901 et 2018) => 1,3 mm entre 1901 et 1971 => 1,9 mm entre 1971 et 2006 => 3,7 mm entre 2006 et 2018


Qu’est-ce qui est nouveau ?

Le lien avéré entre le changement climatique et les événements extrêmes

⮚ Le rôle du méthane dans le changement climatique – peu documenté auparavant. Données du rapport ONU sorti en mai 2021 : le méthane piège 28 fois plus la chaleur que le CO2 et il est responsable de 23% du réchauffement climatique. Les émissions de méthane doivent être réduites de 45% sur la décennie 2020-2030 pour réduire le réchauffement de 0,3°C d’ici à 2045.

⮚ Nouveau chapitre sur les « forceurs climatiques à courte durée de vie » (aérosols, particules, autres gaz réactifs qui ne restent dans l’atmosphère que de quelques heures à quelques mois et qui impactent directement la température)

⮚ Le rapport s’appuie sur de nouveaux futurs scénarios, qui offrent un éventail plus riche de futurs possibles, y compris les risques du « business as usual »

L’accent mis sur les données régionales avec une mise en avant des impacts climatiques par région et un atlas interactif pour aider les décideurs politiques au niveau régional à effectuer des évaluations des risques climatiques.


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